L'icône orange de Montréal

J’ai écrit une lettre d’amour aux cônes oranges montréalais dans le collectif Mythologies québécoises (Pelletier-Morin, Sarah-Louise [Dir.], Nota Bene, 2021).


Extrait :


« C’est un objet simple qui, néanmoins, sert d’exutoire collectif à des frustrations qui se dissipent dès lors qu’on a désigné ce bouc émissaire inanimé comme cause et conséquence de notre malheur. C’est un paratonnerre, un grigri qui détourne les pulsions et fédère même, dans un seul élan de frustration, les tenants et les adversaires du tout-à-l’auto. En gossant tout le monde, il nous rend un fier service. On lui doit un certain degré de paix sociale, car c’est bien en faisant converger notre rage sur cet objet qu’on évite collectivement de se regarder agir et de croiser nos regards. »